Fabricant français de solutions d’aménagement et de stockage depuis plus de 50 ans, ManOrga emploie aujourd’hui 300 salariés répartis sur deux sites de production dans les Hauts-de-France. Très attachée à son territoire et à l’humain, l’entreprise mise sur le savoir-faire artisanal et les produits sur mesure. Son développement s’est construit pas à pas, avec pragmatisme, tout en intégrant progressivement les enjeux environnementaux. Il y a trois ans, l’arrivée de Vianney Lacroix, d’abord comme chef de projet énergie et environnement puis comme responsable USE (Utilité Sociale & Environnementale) a marqué une nouvelle étape vers cette trajectoire de transformation.

En juin 2024, Philippe Sadowski (Président Directeur Général), Sophie Baudry (Directrice Stratégie, Innovation et USE) et Vianney Lacroix (Responsable USE) participent à la CEC, un parcours de 6 séances invitant les dirigeants à repenser leur modèle d’affaires face aux enjeux du XXIe siècle. Après une première séance poignante, l’équipe se met en mouvement et identifie des pistes d’actions concrètes. En fin de parcours, l’ambition évolue : il ne s’agit plus seulement de réduire l’empreinte carbone de ManOrga, mais bien de devenir, à terme, une entreprise à impact positif.
De cette ambition naît une feuille de route co-construite avec Philippe et validée ensuite par le comité exécutif.
Embarquer
Pour Philippe et son équipe, l’embarquement des collaborateurs est le point de départ nécessaire à toute transformation réussie. Leur objectif ? Sensibiliser aux enjeux, semer des graines de conscience et donner envie d’agir.
Être exemplaire
Pour inspirer le changement, auprès des partenaires comme des clients, la première étape est de l’incarner. Réfléchir à l’énergie consommée, au recyclage, aux process… et partager ces avancées en interne comme en externe.
Repenser le produit et le modèle économique (3 à 5 ans)
Intégrer les enjeux de durabilité dès la conception des produits, et explorer un nouveau business model, incluant potentiellement de nouveaux marchés, en phase avec l’évolution de la société.
Réintroduire du vivant au sein des services et des produits (5 à 10 ans)
Proposer des produits sur le marché avec un impact biologique positif. A ce stade, ManOrga ne serait plus un aménageur d’équipements de stockage mais bien un aménageur d’espaces de vie et de travail, en concevant des structures qui favorisent l’intégration du vivant.

En mars 2025, Sophie, directrice stratégie, innovation et USE, propose de faire vivre The Week au comité exécutif. L’expérience, riche en émotions et en prises de conscience, permet une réelle bascule par le cœur. Philippe tranche : The Week sera le bon format pour embarquer les collaborateurs.
Grâce à un court questionnaire, évaluant l’appétence et la connaissance des employés sur les enjeux environnementaux, Vianney, responsable USE, identifie une vingtaine de personnes intéressées et organise une première session.
L’expérience intense et surprenante, crée une dynamique de bouche-à-oreille : 24 personnes y participent, dont 50 % des managers.
"Les personnes qui se sont portées volontaires avaient déjà une forme de conscience des sujets environnementaux. C’est forcément une expérience qui les touche. Lorsque je propose l’expérience The Week, j’essaye de ne pas trop en dire, de ne pas trop divulguer d’informations. Je souhaite que les gens vivent l’expérience pleinement pour éviter les blocages ou une trop grande mise à distance." - Vianney Lacroix, Responsable USE
"Au départ, je ne m’attendais pas à ça. L’entreprise croit fermement en la nécessité de se former mais chacun est libre de participer ou non à The Week. Et dans 98% des cas, les gens me remercient de leur avoir fait vivre cette expérience. Certains collaborateurs l’ont ensuite montré à leurs amis, à des membres de leurs familles. Tous ceux qui font la première session en parlent forcément. L’envie est un très bon moteur pour avancer et pour embarquer. The Week fonctionne parce que les gens en parlent autour d’eux." - Vianney Lacroix, Responsable USE
A ce jour, près d'une centaine de personnes ont vécu The Week au sein de l'entreprise.
"Dans toute démarche de ce type, il est essentiel de bien équilibrer le social et l’environnement. Remettre l’humain au centre, car tout est lié”, déclare Sophie Baudry, Directrice Stratégie, Innovation et USE

Proposée sur le temps de travail, l’expérience chercher à mixer les équipes pour renforcer les liens entre collègues ou faire de nouvelles rencontres.
Vianney, le responsable USE, anime lui-même les sessions. S’il a déjà vécu les épisodes un grand nombre de fois, il s’efforce d’être activement présent lors de chaque visionnage pour créer l’ambiance propice à l’écoute et au partage.
"Je réapprends à chaque fois des bricoles mais ce qui me marque le plus, c’est la réaction des collègues. Il y a toutes les réactions possibles et inimaginables : des personnes très émues, d’autres plus fermées… Dans tous les cas, The Week ne laisse jamais indifférent."
En parallèle de The Week, ManOrga a mis en place des cafés USE pour parler des bonnes pratiques au quotidien : comment réduire ses déchets à la maison et au boulot ? comment repenser notre mobilité ? comment envisager son empreinte carbone pas à pas ?
D’autres initiatives ont aussi vu le jour comme des buffets lors des évènements d'entreprise réalisés avec un ESAT, un challenge clean-up, mai à vélo, un espace plus nature avec des arbres fruitiers et des tables de pique-nique, une rubrique USE dédiée dans la newsletter mensuelle de l’entreprise…

Depuis le début de l’expérience, Vianney note les idées d’actions possibles issues des discussions après la troisième session. Près d’une centaine d’items ont déjà émergé, sur des pistes très concrètes pour l’entreprise, en lien direct avec les axes de la feuille de route.
A terme, Vianney souhaite convier les personnes ayant vécu The Week et désireuses de travailler sur des solutions qui leur tiennent vraiment à cœur. Sur le principe d’une bourse aux projets, le groupe pourrait ainsi revenir sur les idées évoquées en session, en ajouter et faire le tri. Déterminer les idées pertinentes stratégiquement pour l’entreprise, celles qui offrent le plus de possibilités de collaboration, celles qui donnent le plus envie.
"Nous souhaitons vraiment donner la place aux salariés, leur permettre de prendre des initiatives. Si une action les tente, ils peuvent créer un groupe, formaliser l’idée, nommer des objectifs. Le COMEX regardera ensuite la proposition faite et le budget associé pour valider ou non sa mise en place.”, déclare Vianney Lacroix
“A terme, nous souhaitons également fixer des objectifs USE annuels et pluriannuels aux différents salariés.”, ajoute Sophie.
"On oppose souvent l’environnement à l’économie, ce qui est vraiment dommage. Il y a beaucoup d’actions environnementales qui ont énormément de valeur ajoutée économiquement et les 3/4 du temps, c’est le cas.", déclare Vianney Lacroix
ManOrga a ainsi développé une coopération avec un de ses fournisseurs de panneaux d’agglomérés afin de recycler les chutes de production. Résultat : la quantité de bois envoyée en benne a été divisée par deux. Ce bois, revalorisé en matière première secondaire, est directement réexpédié chez le fournisseur principal. Ce qui était auparavant un déchet devient ainsi une ressource… et une source d’économies substantielles pour l’entreprise.
Pour certains produits spécifiques, ManOrga collabore déjà avec des ESAT et souhaite développer ces partenariats, afin de valoriser des compétences externes moins présentes en interne.
Un exemple concret : un ESAT partenaire assure désormais la production de pièces spécifiques nécessitant de la minutie au montage et un contrôle qualité renforcé. Plus de 5 000 pièces sont ainsi produites chaque mois par ce partenaire.
Depuis quelques mois, chaque devis intègre désormais l’impact environnemental de la commande. Une démarche qui vise à mesurer, quantifier et partager les données, dans une logique d’amélioration continue.
“L’objectif n’est pas de dire qu’on fait forcément mieux que le voisin. Simplement de donner l’information, en toute transparence.”, explique Vianney Lacroix.
Grâce à l’optimisation de ses process et à la modernisation de ses machines, ManOrga a déjà réussi à réduire de 5 à 10 % sa consommation de gaz entre 2022 et 2024.
Jusqu’à récemment, l’entreprise proposait près de 50 couleurs différentes. Désormais, seules les 7 teintes les plus populaires sont mises en avant. Les autres restent disponibles en option, mais avec un surcoût. Ce choix de bon sens évite des arrêts machines inutiles et limite le gaspillage de ressources, tout en simplifiant l’offre pour les clients.
Aujourd’hui, l’acier représente près des trois quarts du bilan carbone de Manorga, soit plus de 45 000 tonnes de CO² par an. Une matière qui interroge, mais qui offre des avantages stratégiques : durabilité, recyclabilité et réparabilité.
Les produits ManOrga bénéficient déjà d’une durée de vie mécanique très longue. Ce n’est pas la solidité qui pose problème, mais bien l’usage qui, parfois, les rend obsolètes. L’enjeu est donc de repenser leur fonctionnalité pour prolonger leur vie utile.
L’entreprise explore ainsi plusieurs pistes :
L’idée : proposer demain des produits modulaires et reconditionnés, suivis tout au long de leur cycle de vie, depuis la conception jusqu’à l’usage.
Si de nombreuses questions restent ouvertes, les équipes perçoivent déjà un fort intérêt du marché pour ce type de démarche circulaire.
